Au milieu des champs labourés qui accueilleront bientôt une mer d’épis de maïs se niche le verger de Germain. Cette enclave de biodiversité fait de la résistance, d’ici à comparer Germain au dernier des Mohicans…il n’y a qu’un pas !

Le verger dort. Erreur ! La météo hors normes de ce mois de février a tiré la végétation de son sommeil bien trop tôt. Les bourgeons du cognassier pointent le bout du nez et vont peut-être le regretter lors des prochaines gelées. Au sol, des touffes de doucette et de pissenlit invitent à la cueillette. Mais ne faudrait-il pas se méfier des coupables habitudes de l’agriculteur voisin qui n’a aucun scrupule à « médicamenter » son terrain ?

Le verger de Germain regroupe pommiers, poiriers, cerisiers, cognassiers, mirabelliers, quetschiers et un noyer.

Petite parenthèse concernant le noyer planté par Germain lui même à partir d’une grosse noix bien prometteuse…hélas ! Par le hasard de la pollinisation, la récolte révéla des noix toute petites à la coque coriace !

Il serait trop long de détailler tous les fruitiers présents sur le terrain.

Retenons quelques jolis noms : la Suisse-orange, la Reinette dorée de Blenheim, la Blanche de Baldenheim pour les pommes. La Doyenne de Comice, la Duchesse et la Louise-Bonne pour les poires. Les cerisiers ne sont pas en reste avec la Noire de Westhoffen et la Napoléon.

A l’entrée du verger, le sol est jonché de pommes jaunes. « Des Granny-Smith » nous dit Germain. Ah bon ? Elles ne sont pas vertes d’ordinaire ? Oui, mais l’hiver est passé par là et le gel les a fait jaunir. D’ailleurs, elles sont tout à fait consommables, et nous avons croqué dedans avec joie !

Une curiosité du verger parmi d’autres : un cognassier greffé sur un poirier…ou serait-ce l’inverse ? Mais oui, sur le même arbre, on peut cueillir des poires et des coings !

Quelques souches témoignent de la présence d’arbres disparus : comme ce mirabellier de Metz qui n’arrivait pas à la cheville de son homonyme de Nancy et qui a donc été coupé sans autre forme de procès !

Ou cet arbre à Reine-Claude ( reineclaudier ?…) qui attendait son heure, aurait dû accueillir un nichoir pour les piafs et que Germain laisse finalement vivre sa vie pour lui redonner une belle couronne.

La taille des fruitiers donne également matière à discussion . Notons que le changement climatique a une influence sur la forme que l’on veut donner aux arbres. Germain cherche actuellement à délaisser la taille en gobelet qui laissait trop de soleil pénétrer la végétation et qui avait tendance à occasionner des brûlures. Il essaie de conduire l’arbre de façon à former une « ombelle » qui va être plus protectrice.

La visite se termine au coin du feu autour d’une table bien garnie . C’est là qu’entre en scène Arlette, la maîtresse de maison qui nous régale avec une procession de trois gâteaux tous meilleurs les uns que les autres !

On échange des trucs et astuces, de savoureuses anecdotes dans une chaleureuse ambiance.

Merci à Germain et Arlette pour leur accueil. C’est un vrai plaisir de les retrouver chaque année et d’apprendre à chaque visite un p’tit truc en plus.

Pour terminer, une phrase extraite d’une chanson de Félix Leclerc.

«  Ce n’est pas parce que je suis un vieux pommier que je donne de vieilles pommes. »

A méditer…

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