Elles sont de retour !

Rien à voir avec l’invasion massive de 2024 mais elles sont bien là, prêtes à dévorer tout ce que le jardinier met en terre. J’ai bien sûr nommé… les LIMACES ! Nous allons, en plusieurs volets essayer de vous présenter ce que nous avons découvert sur cette créature car pour bien organiser la lutte, il faut bien connaître son ennemi.

Présentation

Les limaces sont des mollusques, appartenant à la famille des gastéropodes, donc littéralement « estomac sur pied ». Elles existent depuis 543 millions d’années et on les retrouve sur tous les continents. En s’affranchissant de l’élément marin d’où elles sont issues, les limaces ont perdu leur coquille contrairement à l’escargot.

Pour survivre, leur épiderme doit toujours être rester humide. Elles fabriquent donc un mucus aux multiples propriétés : il les protège de la déshydratation, leur facilite les déplacements et leur sert de systèmes immunitaire. Grâce à lui, elles balisent leur chemin et laissent des messages comme « c’est ici qu’on mange bien » ou « cherche partenaire ».

C’est un animal bien plus complexe qu’il n’y paraît et des spécialistes nommés malacologues l’étudient depuis fort longtemps.

 

 

Plus parlant qu'une description, voici mon croquis

Mode de vie

Elles sont essentiellement crépusculaires : elles sortent à la tombée du jour pour se nourrir. Leur puissant odorat (antennes inférieures) les guident pour trouver leurs mets favoris. Et au petit matin, repues, elles se mettent à l’abri de leur pire ennemi, le soleil, sous des feuilles, sous des planches, sous des pierres… Les jours de pluie, en revanche, elles se promèneront et séviront même en plein jour.

Elles se faufilent dans les anfractuosités du sol pour y passer l’hiver car leur corps très aqueux ne résiste pas au gel.

Pour la nourriture, elles ne sont pas difficiles et mangent presque tout : végétaux, fleurs, graines, racines, tubercules, mousses, lichens, des détritus, du bois en décomposition, des champignons, des cadavres, des excréments. Elles peuvent manger jusqu’à 50% de leur poids en une nuit. Les juvéniles et les espèces de petite taille sont souvent les plus voraces.

La limace se déplace très lentement : 1/2 mm par seconde, soit tout de même 2m/heure. Quand la nourriture est abondante, elles se déplacent peu, allant même jusqu’à s’enterrer pour la journée au pied de la plante « restaurant ».

C'est quoi, ton resto préféré ? Oh, je ne suis pas difficile !

Leur reproduction

Les limaces sont hermaphrodites (à la fois mâles et femelles) mais elles sont incapables de s’autoféconder. Elles doivent s’accoupler pour échanger leurs gamètes.

Au final, CHAQUE individu pondra de 100 à 500 oeufs blancs, translucides en petits tas enterrés ou cachés sous des pierres, sous des planches. La ponte aura lieu une ou deux fois l’an, voire plus selon les espèces.

L’éclosion se fait dès que les conditions de température et d’humidité sont réunies. C’est à la sortie de l’hiver, dès 5°, que le boom des naissances est à son maximum.

 

 

Exemples d'accouplements

Les conditions favorables

Les sols pierreux, argileux et argilo-calcaires, formant des mottes et des crevasses sont nettement plus attractifs pour les limaces que les sols sablonneux. Pour fabriquer leur coquille, les escargots ont, quant à eux, besoin d’un sol où le calcaire est majoritaire.

Elles se plaisent dans tous les biotopes humides comme les terrains exposés au nord, les forêts, les lisières de bois, les bords d’une rivière, autour des mares et des étangs, les prairies, les friches, les zones ombragées de nos jardins.

Les hivers froids avec des gelées à -10 ou plus vont permettre l’éradication d’un bon nombre de limaces et de leurs oeufs. Une année pluvieuse et un hiver doux sans gel, à contrario, favorisera des éclosions massives.

L’alternance pluie, chaleur stimulant la végétation leur est particulièrement bénéfique.

 

Pour l’équipe « Limace, mon amie » : Marie-Christine, Michèle et Pierrette

L'auteur

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