Des tâches diverses

Les ateliers organisés généralement les mardis et les vendredis après midi, rue des jardins, à Neuve Eglise sont multiples, allant du travail autour du secrétariat, saisie, plastification de documents, à la création de boîtiers quizz qui attirent les jeunes aux différents marchés et animations planifiées… on peut avoir à manier un pinceau pour lasurer des nichoirs ou des mangeoires, se retrouver à faire du conditionnement, précisément de lasure, dans des pots en verre qui seront proposés aux chalands souhaitant saturer leur nichoirs.. Toutes ces activités sont bien encadrées, on trouve toujours quelqu’un qui sait répondre lorsqu’ une question se pose, qu’elle soit d’ordre pratique ou plus philosophique … et la réponse est toujours bienveillante et non jugeante !

Le saint des saints

Et bien sûr il y a le Graal, à mon sens du moins : ce sont les activités qui se jouent dans l’Atelier de menuiserie : une sorte de caverne d’Ali Baba, truffée d’outils, de machines, de produits : il y a des scies, des rabots, des dégauchisseuses, des ponceuses, des perceuses à colonne ou portatives, des scies à ruban…Bref, une antre d’une technologie aboutie après des siècles d’atermoiements pendant lesquels les hommes et les femmes en devenir ont imaginé, inventé, créé et amélioré toutes sortes d’outils permettant de perfectionner, d’optimiser les gestes du quotidien dans un cadre de survie et de nécessité, puis, dans un contexte plus artistique.
Cette caverne se mérite à mon sens, même si j’ignore quelles épreuves il faut réussir pour y accéder !

C’est ainsi que pour ma part, j’ai plastifié, découpé, enduit, transvasé, massicoté avec l’application dont je pense être capable, avant de me dire que je pouvais moi aussi toucher à la menuiserie ! Mon plafond de verre ACJCA en quelque sorte !

Et le miracle s’est produit !

Mardi 17 mars, nous voilà trois « féminines », Michèle, Henriette et moi face à Raymond ; Augustin a dépêché Raymond à la mine ! Et sans se questionner plus avant, nous a déroulé des lés de toile présentant des séquences didactiques sur des sujets variés.
On a eu un moment de blanc en se disant qu’il nous faudra nous atteler à la finition des lés : surjet, faufilage, point de chausson ? Que nenni, il s’agissait de démonter les documents présentés en format portrait pour les réaligner en format paysage !
Bon, ça s’apparentait à de la bureautique… on est complaisantes toutes les trois, et tout en se racontant des histoires d’autrefois (avant 1968) lorsque le cours de couture où nous devions nous réaliser en confectionnant un bavoir réversible, était réservé aux filles et avait lieu le vendredi de 16 h à 17h, alors que les garçons rentraient chez eux et pouvaient jouer au foot, nous nous sommes mises à la tâche.

Mais la photocopieuse était avec nous ce jour là et n’a pas délivré les documents à modifier….et nous sommes allées rejoindre Raymond et sa perceuse à colonne, non sans un dernier bizutage puisqu’il a fallu se déplacer dans un nuage de fumée dense, crachée par le poêle Godin, qui, lui aussi, avait décidé de nous maintenir éloignées du paradis escompté.

On l’a fait !

Ce moment de bonheur où, bien sûr, on a commencé par encoller, par frotter, par poncer ! Mais ce n’était pas du papier ou du carton fussent-ils plastifiés ! Non, on nous a confié du bois et de l’ardoise ! On a mis tout notre cœur à l’ouvrage pour prouver que, nous aussi, on peut prétendre à l’atelier menuiserie. Le savoir faire n’est pas genré, il suffit de nous expliquer !

Quand vous lirez que l’une d’entre nous a été autorisée à se servir de la perceuse à colonne et sur les indications circonstanciées et pas vachardes de Raymond, à monter en productivité en perçant deux épaisseurs d’ardoise en même temps, vous approuverez : l’ACJCA n’est pas genrée ! Les jardinières sont aussi des jardiniers et parmi les menuisiers il y a des menuisières… enfin on ne sait pas si ça se dit comme ça !

Michèle, Henriette et Anne-Marie

L'auteur

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