S,T et U comme de bien entendu.
Quatre, il y en a toujours quatre…Aussi bien à » La dolce vita », la pizzeria du coin, où vous pourrez déguster celle garnie d’artichauts, d’olives noires, de jambon et de champignons, j’ai nommé la pizza 4 saisons.
Vivaldi, le prêtre roux, les mit en musique au XVIIIe siècle dans ses célèbres concertos baroques…qui sont à découvrir autrement que sur une bande de mise en attente lorsque vous appelez votre percepteur!
» Y a plus d’saisons, ma pov’ dame » se plaint le marchand de quat’ saisons devant son étal de cerises qui affichent des prix stratosphériques.
Et le jardinier? Que pense-t-il? Il sait que son jardin vit au rythme immuable de ce cycle de vie et il a appris au fil des saisons à s’accommoder des bonnes surprises tout comme des déceptions. Les « baveux » ont ruiné la production de salades, la récolte de tomates est compromise cette année? Le mildiou a frappé? Un intrus cornu venu de la forêt toute proche a dévasté choux, haricots et tutti quanti! Oui, mais le pêcher croule sous une cascade de fruits joufflus, les courges ventrues annoncent de bonnes soupes automnales. Il est philosophe le jardinier, il s’est forgé une humilité à toutes épreuves. Le cycle de la vie est immuable et ne connait pas de pause: à cette saison, une autre succédera, inlassablement.
Il a la pêche, le pêcher!
Qui pourrait donner une définition du temps? Quel temps? Le temps de qui? Celui du jardinier n’est pas le même que celui du navigateur, du vacancier, du rêveur, du cycliste, du randonneur, du poète…Celui qui n’a pas le temps voudrait en avoir plus, celui qui en a trop ne sait pas quoi en faire et s’ennuie, celui qui a une heure à perdre s’évertue à tuer le temps!
Le temps du jardinier s’écoule au fil des saisons, il se respecte, ce temps-là, ne pas vouloir être trop impatient, c’est la règle au jardin. Parfois le temps presse, c’est l’heure de planter, de semer…Et pourtant, demain est un autre jour…J’aime l’idée de lenteur au jardin…
Ah, vous pensiez à l’autre temps? Celui que l’on ne peut maîtriser, celui que le ciel nous envoie. Sous forme de pluie bienfaisante pour les tendres laitues, sous forme de soleil qui gorgera les mirabelles de sucre. Mais qui donc l’a déréglé, ce temps-là? Il est devenu sauvage et parfois meurtrier! Homme de ce bas-monde, qu’as-tu fait au temps?
Il regarde le temps qui passe...
J’avoue humblement que la lettre U ne m’a pas vraiment inspirée. Mais alors pas du tout! Alors j’ai choisi de vous partager un poème d’Arthur Rimbaud qui célèbre la douceur des soirs d’été.
SENSATIONS
Par les soirs bleus d’été, j’irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l’herbe menue:
Rêveur, j’en sentirai la fraîcheur à mes pieds,
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
*************
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien:
Mais l’amour infini me montera dans l’âme,
Et j’irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.
Poésies (1854/1891) Arthur Rimbaud
Le bonheur est dans le pré