La petite taupe

Des mois que je n’ai plus rien écrit… pas d’idée… et à cette réunion de janvier je n’étais pas la seule rédactrice en rade…
Augustin, lui, avait des idées mais pas de temps : interviewer les stagiaires, écrire un article sur les taupes, …
Les taupes, mais bien sûr !
Connaissez-vous cette merveille de la littérature enfantine : « De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête »* ? C’est l’histoire d’une petite taupe qui met la tête dehors… et y reçoit une crotte. Mais c’est dégoutant ! Elle part alors enquêter pour trouver le coupable.
Moi je suis une jardinière qui voudrait savoir pourquoi la petite taupe a déserté son jardin. Pendant des années elle était là, fidèle et invisible. Quand je voyais la taupinière bouger je faisais le guet, j’avais tellement envie de voir son petit nez pointu. Et puis moi aussi, je suis myope, ça nous faisait un point commun !
J’avoue que je lui piquais souvent de la terre, bien meuble et à disposition, pour rempoter mes fleurs… Est-ce pour cela qu’au bout de quelques années, de guerre lasse, elle a déménagé ?

Il n’y a pas beaucoup de gens à qui je peux raconter ça sans passer pour une folle : « elle est partie, quelle chance, moi j’ai dû acheter un piège ». Et mon propre frère, qui a une pelouse bien tenue, se désole qu’en Allemagne la taupe soit un animal protégé.
D’accord, on peut trouver cela disgracieux…

Mais la taupe est une alliée du jardinier, elle aère la terre en la rendant plus meuble et plus perméable à la pluie. Oui c’est vrai, elle se nourrit essentiellement de vers de terre, ces petits auxiliaires si précieux, mais elle mange aussi des vers blancs de hannetons (ce n’est pas par hasard si j’avais des taupinières sous le cerisier), des limaces, des chenilles, des œufs de fourmis. Et puis sachant qu’un hectare de prairie en bonne santé contient 1 à 2 tonnes de lombrics, c’est bien peu cher payé vu les services rendus** !

Alors pourquoi n’est-elle plus là ?
Google me dit qu’une taupe ne partira que s’il n’y a plus assez de nourriture pour qu’elle puisse survivre. Ce n’est pas le cas, j’ai encore PLEIN de vers de terre, de hannetons et de limaces.
Alors quoi ? Piégeage du voisin ? Mon chat Eliott ? Mort naturelle (sa durée de vie est de 3 ans) ?

S’il y en a chez vous, passez-leur le mot : terrain à louer à Fouchy, belle exposition, nourriture abondante, intervention humaine minimale.

* Werner Holzwarth et Wolf Erlbruch, édition Milan pour l’édition françaiseCf
** La Hulotte n°68-69

Taupinières

L'auteur

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