La notion de « nuisible » évolue avec le temps.
En lisant « la Hulotte » (devinez qui m’a prêté la collection complète), j’apprends des choses incroyables.
Par exemple, sur les années 70, vous savez, ces années merveilleuses où, lorsque nous traversions un pré, des nuées de sauterelles jaillissaient de toutes parts.
Et bien, dans un numéro de la Hulotte de 1981, j’apprends que le hérisson et l’écureuil étaient dans ces années-là classés parmi les espèces nuisibles.
Autre observation: le frelon européen est actuellement protégé en Allemagne, et bien des gens en Alsace sont sensibles à sa situation. En particulier, les personnes du FUN (Frelon Unité Nature) qui piègent les frelons à pattes jaunes (les fameux « frelons asiatiques »), veillent à utiliser des pièges sélectifs pour ne pas éliminer dans le même temps les frelons européens. Or, pendant longtemps, ces derniers faisaient assez facilement l’unanimité contre eux.
A l’inverse, si j’en crois un article récent des DNA (en date du samedi 12 septembre 2026), le blaireau pourrait bien redevenir persona non grata en Alsace : il serait présent en trop grand nombre, il ferait des dégâts dans les champs.
Pourtant le mien (plus exactement : celui qui fréquente assidûment notre potager, ayant trouvé un passage sous la clôture), est jusqu’à ce jour resté d’une grande délicatesse : il fait des trous partout (caractéristiques, en entonnoir) pour prélever dans le paillage ou la terre les limaces et larves dont il se nourrit, mais sans jamais toucher aux légumes ni en détruire les plants.
Et vous m’accorderez qu’un délimaçage consciencieux et gratuit, même en ces temps de sécheresse, c’est toujours bon à prendre!
Dernière minute: on me signale la présence, dans un jardin du côté de Saint Martin, d’un blaireau incontestable (il a même été photographié), qui a pris l’habitude de faire basculer les couvercles des oyas pour boire!
*En fait on ne dit plus « nuisible », on dit ESOD (Espèce Susceptible d’Occasionner des Dégâts).