Le hasard fait parfois bien les choses. Deux jours après avoir rédigé le texte de la semaine dernière, je tombe par hasard sur un vieux numéro de la Hulotte* avec un article sur la mésange charbonnière.
Tout d’abord elles ne disent pas « plus vite plus vite » comme je l’entendais, mais « interdiction absolue de pénétrer sous peine de graves ennuis », ce qui n’est pas du tout la même chose vous en conviendrez, mais en tout cas ça a l’air très efficace : je ne vois plus ces rondes de mésanges qui se poursuivaient dans le pommier et le cerisier depuis des semaines, elles sont beaucoup moins nombreuses. Sans doute chaque couple a-t-il trouvé à se loger… Et donc elle ne partait pas comme je l’ai écrit jouer avec les copines, elles se disputaient âprement le territoire, quitte à se voler dans les plumes.
J’observe tous les jours mon petit couple, elles ne tiennent pas en place, se poursuivent, sautillent, passent du cerisier au pommier au sureau à la mangeoire au saule au mirabellier du voisin, infatigables, à longueur de journée.
Je ne les vois plus apporter de quoi garnir le nid : ont-elles déménagé ? Ou bien la ponte a-t-elle commencé ?
« Tant que la ponte n’est pas entièrement terminée (elle se déroule à raison d’un oeuf par jour), mon épouse recouvre soigneusement tous ses oeufs avec un peu de mousse. Puis, lorsqu’elle juge sa famille assez nombreuse, c’est-à-dire au dizième, au onzième ou au douzième oeuf, elle s’installe confortablement et commence à incuber »*.
Alors je devrais bientôt voir le mâle apporter des asticots à son épouse enfermée dans la chambre noire…
Suite au prochain numéro.
*La Hulotte n° 35, 3ème trimestre 1981