TU …Allons-y pour 4 mots piochés dans le vocabulaire du jardinier qui commencent par la syllabe TU; vous les connaissez bien sûr, on va s’y pencher de plus près.

TU...comme tulipe.

 

Tulipe: plante à bulbe universellement connue, que vous dire que vous ne sachiez déjà? Son nom aurait une origine ottomane, la fleur ressemble à un turban dont le nom turc serait tülbend.

Perroquet, flammée, délicatement rosée ou rouge flamboyant, les variétés sont infinies. Seule la couleur noire lui résiste, même si certains violets sombres croient y arriver. Au XVIe et XVIIe siècle, en Hollande, la tulipomania a fait rage, un seul bulbe atteignant des prix astronomiques!

Moi, j’aime bien la Tulipa sylvestris, petite sauvageonne en forme d’étoile jaune, quasiment disparue et qui renaît entre les rangées de vigne. Moins de traitements chimiques, la raison en semble évidente.

Tout ça pour vous dire que le printemps arrive!

Un bouquet de printemps.

TU...comme tubercule.

Pas vraiment une racine, pas un corme, pas vraiment un bulbe, mais c’est quoi donc qu’un tubercule?

Du latin « tuberculum » petite bosse, c’est un organe souterrain qui contient les réserves ( amidon, saccharine…) nécessaires au réveil de la plante après la période de dormance. Au rayon légumes, nous connaissons tous la pomme de terre, l’igname, la patate douce, le topinambour. Au rayon fleurs, c’est le dahlia le plus célèbre, suivi de l’agapanthe, du canna, du bégonia.

Le dahlia se met en terre quand le sol s’est réchauffé, après les dernières gelées, vers fin avril-mai.

Quant aux pommes de terre, nos anciens disaient que pour la plantation, ils se fiaient au lilas.  » Lilas en fleur, patates c’est l’heure! »

Malum terrae, deux beaux spécimens.

TU...comme tumulus.

Tumulus: petit tertre élévé par certaines civilisations au-dessus d’une sépulture. Aucun rapport avec ce qui nous intéresse, mais avouez que ça y ressemble!

Nous sommes ici devant une taupinière, petit monticule qui indique au jardinier qu’un petit mammifère fouisseur se balade sous son jardin. L’amateur de gazon anglais en fera des cauchemars et n’aura de cesse d’avoir « occis » l’indésirable…par des moyens plus cruels les uns que les autres….Henriette dans son récent article nous en parlait mieux que moi.

Ces petites mottes de terre sont bien utiles au jardinier, le substrat expulsé par la taupe qui creuse ses galeries est fin et aéré. On pourra l’utiliser pour rempoter des plantes d’intérieur par exemple. Ou confectionner quelques potées printanières. Alors ne hurlons pas au loup au moindre monticule, disons-nous que s’il y a une taupe, c’est qu’il y a également des vers de terre dont elle se nourrit, et que les vers de terre, c’est un trésor pour le jardinier.

Une taupinière de taille!

TU...comme turricule.

Turricules: aussi appelés tortillons, ils apparaissent dans le jardin plutôt au printemps ou à l’automne, par temps humide. Ce sont les déjections des vers de terre. Bonne nouvelle! C’est signe d’un jardin vivant, il se passe des « choses » dans le sous-sol.

Du latin turriculus petite tour, c’est ce que rejette le lombric qui ingère de la terre ainsi que des débris de végétaux. Non, ce n’est pas sale…En allant et venant de haut en bas et de gauche à droite sous votre jardin, le ver ingère de la matière qui va traverser son tube digestif et qu’il va rejeter sous forme de tortillons. Ce rejet est enrichi en bactéries, azote, phosphore, potassium et magnésium, un bienfait pour les plantes. Et ce faisant, lors de ses allées et venues, le ver aère le sous-sol et brasse la terre, emportant la terre du haut vers le bas et vice versa.

Si on calcule qu’il peut y avoir 2 à 3 tonnes de vers sur un hectare, on visualise le petit peuple souterrain qui grouille sous les pieds du jardinier.

Tortillons, cadeau du lombric.

L'auteur

Mentions légales - Politique de confidentialité