Il était une fois dans un petit village de la vallée de Villé, il y a fort, fort longtemps…Louise et Déodat…

Ils s'appelaient Louise et Déodat.

Louise et Déodat se sont mariés en 1932. Il a fallu se monter en ménage, comme on disait dans ces temps lointains. Leur premier achat fut donc la pièce maîtresse de la cuisine, un monumental « objet » en fonte de plusieurs centaines de kilos, toute rutilante, qui fit la fierté de Louise. Nourrie au bois, elle ne s’éteignait jamais. On vivait dans la cuisine, la salle à manger n’était ouverte que pour les grandes occasions, Noël, baptêmes et communions…Ah la cuisinière! On s’y réchauffait les mains en rentrant du champ ou de la forêt, Louise y faisait mijoter daubes et soupes pendant qu’elle allait s’occuper des poules et des lapins. Dans le four, on pouvait même y faire tiédir  les charentaises . Un pot de café bloubloutait sur un coin. Vous aussi, vous l’avez connue l’incontournable cuisinière?

Et un jour, la belle cuisinière fut remplacée par sa presque jumelle, plus neuve, un peu plus moderne. Il n’y en avait plus que pour elle! Louise continua sa petite popote quotidienne, d’autant plus que la famille s’était agrandie avec l’arrivée de Jacqueline et de Thérèse. Et « l’autre » fut remisée dans la grange en attendant. Mais en attendant quoi d’ailleurs? Le ferrailleur?

Le jour de leur mariage en 1932.

La déception du ferrailleur!

Les années ont passé, Louise et Déodat ne sont plus de ce monde depuis longtemps, rejoints il y a quelques années par Jacqueline et Thérèse. La vieille maison sera transformée, rénovée, secouée de fond en comble. Et ce « machin » là, on en fait quoi? Le machin, vous l’aurez compris, c’est la cuisinière qui attendait son heure dans la grange depuis presque cent ans…Un coup de fil au ferrailleur, et c’est réglé. C’est sans compter sur mes oreilles qui passaient par là!

Ce ne fut pas une mince affaire pour déménager les kilos de fonte d’un village à l’autre! Merci aux « costauds » qui ont rondement mené l’affaire, puisque depuis quelques mois, la cuisinière trône dans la cour sous le cerisier. Je vous la présente, toute pimpante dans sa garniture de fleurs d’automne.

Elle ne fera plus de potées aux saucisses ni de tartes aux quetsches, la vieille cuisinière! Mais si Louise la voyait, je pense qu’elle serait contente…D’ailleurs, moi, je sais qu’elle la voit.

N'est-elle pas charmante?

L'auteur

Mentions légales - Politique de confidentialité