(…)  L’amour est un bouquet de violettes

L’amour est plus doux que ces fleurettes.

Quand le bonheur en passant vous fait signe et s’arrête

Il faut lui prendre la main

Sans attendre à demain.(…)

Luis Mariano

Chanson extraite de l’opérette « Violettes impériales » 1948

Ne sois pas timide, dis-nous qui tu es...

Je ne suis pas seule dans ma famille, j’ai de nombreuses cousines. mais je crois que c’est moi qu’on préfère…En toute modestie, bien sûr! Je suis Viola odorata, celle qui sent si bon. Mes lointaines parentes sont les pensées, parfois sauvages, parfois hybridées en jardinerie, destinées à garnir des potées et des bordures.

Moi, Viola odorata, je suis vivace, je reviens chaque année; je m’étale dans le jardin au bout de mes stolons. J’apparais là où on ne m’attend pas. Je forme de jolis petits tapis jusque dans les sous-bois.

Je symbolise la modestie, la nostalgie, la douceur. Je penche ma tête fleurie vers le sol, tout en discrétion. Humble mais fidèle, je suis là chaque année.

Le printemps est là, on ne s'y trompe pas.

Ma petite histoire.

Il se raconte que j’ai beaucoup voyagé. Cultivée à l’origine à Grasse, ce serait l’Impératrice Marie-Louise qui m’aurait implantée à Parme, ville dont elle était duchesse. J’ai fait la renommée de cette cité, Parme n’est pas seulement connue pour son jambon! Vous connaissez bien sûr la couleur parme, un violet pâle.

Lors de guerres de l’époque de Napoléon III, un soldat piémontais aurait rapporté des violettes à une belle toulousaine pour laquelle il se mourait d’amour en secret. N’est ce pas romantique? Nous sommes sans doute dans la légende populaire…Voilà que je ressurgis en beauté, moi la violette voyageuse. Ma culture se répandra  autour de la ville rose ( on devrait dire la ville violette!) et je fis la fortune des fleuristes locaux. Mais pas que des fleuristes.

Un petit tapis tapi.

Toute modeste et pourtant une mine d'or.

Séchée, écrasée, distillée, cristallisée, on ne m’a rien épargné! En confiserie, je parfume bonbons et pâtes de fruits. ( de fleur, plutôt…) Ainsi que glaces et sirops. N’oublions pas la parfumerie, même si l’eau de violette a quelque chose de suranné, on l’imagine sur un mouchoir finement brodé dans la minaudière d’une belle des siècles passés. Même les apothicaires se sont penchés sur mes propriétés adoucissantes pour confectionner des liqueurs antitussives.

Dans la Rome antique, porter une couronne de mes fleurettes était réputé protéger de l’ivresse. Pfff! Je n’en crois pas un mot! Je préfère la version romantique, restons-en à la modestie et à l’amour secret.

L'auteur

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