Même si nous voulions les éradiquer, nous ne le pourrions pas car nous serions en totale contradiction avec la notion d’un jardin vivant.
Mettons plutôt notre intelligence et notre énergie au service de la cohabitation.
J’avoue qu’il y a de quoi être désarmé lorsque l’ invasion est massive mais, dans une année « normale », nous disposons de quelques pratiques pour limiter les dégâts.
Par Marie-Christine
Pour faire venir et fidéliser les prédateurs de limaces, il faut essayer de favoriser la biodiversité. Mais pour cela, il faudra faire des concessions : les jardins trop « carrés », trop propres ne permettent pas l’installation de la petite faune des auxiliaires.
L’usage des produits phytosanitaires est à bannir car elle va à l’encontre de la régulation naturelle. Par exemple, traiter les pucerons ne permettra pas la venue spontanée des coccinelles et ainsi de suite…
Nous savons tous qu’attirer les oiseaux est bénéfique pour le jardin et le verger. C’est pourquoi les installations (nichoirs, mangeoires, bains d’oiseaux) ne manquent pas.
Nous pouvons faire de même pour les insectes, les coléoptères, les reptiles, batraciens Il est très facile de leur créer des refuges en laissant des branchages au sol, dans un coin du jardin, sous des haies ou des arbres. Des tas de pierres empilées peuvent également servir d’abris, voire participer à la déco du jardin.
Une haie sèche est un bon compromis pour ceux et celles qui préfèrent un peu plus d’ordre.
Les points d’eau, mares et bassins vont dans le même sens.
De nombreuses espèces se nourrissent de limaces ou d’œufs de limaces. Parmi les prédateurs, citons :
Orvet sous le paillis
Laisser au sol, dans les allées par exemple, des épluchures de légumes. Elles apprécieront et peut-être s’en contenteront-t-elles !
Créez, si possible, loin du potager, une zone attractive comme une friche avec des choux, moutarde, colza que vous laissez en place pour qu’ils se ressèment. En effet, elles adorent toute la famille des crucifères.
Vous pouvez aussi opter pour un massif de fleurs : elles se régaleront de vos lupins, hostas, delphiniums, œillets d’Inde et délaisseront le potager.
Installez votre compost dans une zone ombragée, loin du potager. Invitez les à venir s’y installer : elles accélèreront la décomposition de vos déchets.
Favorisez l’apparition de champignons en apportant du broyat au pied de vos haies, ce qui les attirera loin de vos plantations.
Hostas en première ligne
Les limaces ont toutes un odorat très développé. Brouillez les pistes en mélangeant au maximum les espèces et en rajoutant des aromatiques et des fleurs dans votre potager.
Tentez des bordures avec des plantes répulsives : thym, lavande, absinthe, armoise, estragon, fenouil, menthe, citronnelle, ciboulette.
Certaines fleurs peuvent aussi être dissuasives : myosotis, tulipes, giroflées, fuchsias, géraniums, capucines, oeillets de poète, pivoines et hortensias.
Menthes protectrices
Au printemps, le boom des naissances correspond très précisément à la mise en culture du jardin. Semis et plantations réclament une humidité permanente. Une mesure de bon sens est alors à appliquer : l’arrosage se fera le matin. La règle d’arroser abondamment mais moins souvent est toujours d’actualité.
Arroser le soir équivaut à leur dérouler le tapis rouge !
Le paillage, en soi, ne doit pas être remis en question. Il reste essentiel pour garder un sol vivant, pour sa protection en hiver et contre son assèchement en été. De plus, il abrite bon nombre de petits auxiliaires.
Cependant, sur des terrains humides, propices aux limaces ou lors de longues périodes pluvieuses (surtout printemps et automne), il constituera une cachette idéale pour les gastéropodes et leurs œufs.
Il sera alors utile de pratiquer un paillage raisonné.
Pour se faire :
Au printemps, retirez le paillis puis griffez et binez en surface pour faire remonter les œufs non éclos et les juvéniles qui régaleront les oiseaux. Cela permettra également à la terre de se réchauffer. Vous surveillerez ainsi plus aisément vos semis.
La plantation des jeunes plants est un moment délicat. Des plantes « stressées » vont automatiquement attirer les limaces. Avant de repiquer vos jeunes plants en mottes, faites les tremper au moins 3 heures pour les requinquer. Ameublissez bien la terre pour que les racines puissent prendre leur aise. Ne paillez que lorsque les plantes sont bien développées.
A l’automne, faites la chasse aux œufs : retirez le paillis, griffez, binez. Les oiseaux feront le reste ! Retirez aussi les planches ayant servi de passe-pied, les poteries et tout ce qui pourrait servir de cachette. C’est le moment idéal pour lâcher poules et canards !
Pour l’équipe de « Limace… mon amie » : Marie-Christine, Michèle et Pierrette
La basse-cour au travail !