Un vieux pommier au tronc creux. Des rondes de mésanges charbonnières.
Elles volettent, poussent des petits cris (moi j’entends « Plus vite ! Plus vite ! »), certaines entrent et sortent du trou dans l’arbre. Pour chercher des insectes ? Pour y établir leur future petite famille ?
– Regarde ma chérie, que penses-tu de cet appartement ? Il est spacieux, la fente est haute et apportera de l’air et de la lumière, mais suffisamment étroite pour ne pas être dangereuse, l’escalier de sortie est confortable, je crois vraiment que ce logement coche toutes les cases.
– Je suis bien d’accord avec toi, d’autant plus que l’épicerie de tournesols est juste à côté et la boule de graisse pas beaucoup plus loin
– Oui oui… mais tu sais bien que ces magasins risquent fort de fermer en été. Mais as-tu remarqué que cet arbre est un pommier ? Et vu qu’Henriette ne suit pas les conseils d’Augustin pour éviter les vers de la pomme, nous pourrons nous régaler !
– Et juste là, un sureau ! Miam, tous les pucerons que nous aurons !
– Tu as tout à fait raison, mais ne nous décidons pas trop vite, nous avons encore d’autres logements à visiter.
Et il y a 15 jours j’en vois une avec un brin d’herbe dans le bec entrer dans le pommier ! A la fois émue et inquiète (j’ai un chat quand même…) j’observe leur manège. Cool, la vie de mésange : une mini brindille et hop je retourne jouer avec les copines, il n’y a pas que le taf dans la vie !
Mais depuis quelques jours le rythme s’accélère, elles bossent dur les chéries. De l’herbe, de la mousse, une feuille sèche, Monsieur et Madame font moult allers retours (enfin surtout Madame), j’imagine que c’est bientôt l’heure de la ponte (est-ce qu’une mésange sent les premières contractions ?). J’espère en tout cas vous envoyer bientôt un faire part de naissance !
Et pour terminer, une citation tirée du site du parc national du Mercantour : « La mésange charbonnière constitue un allié de choix pour tous les jardiniers car elle aide à débarrasser les vergers et potagers des chenilles et des insectes indésirables (particulièrement la piéride du chou et piéride de la rave). Elle est également un des rares prédateurs à s’attaquer à tous les stades larvaires de la chenille processionnaire et aux chenilles de la pyrale du buis qui remontent progressivement dans nos vallées. C’est donc un auxiliaire de choix dans la lutte écologique ! Vous pouvez favoriser son installation à proximité de chez vous grâce à la construction de nichoirs. Pour plaire à la belle, il faudra bien penser à faire un trou d’entrée de 33 mm de diamètre. »
Et si vous n’en avez pas encore, rendez-vous le 10 mai à la fête des jardins vivants !