Parcours du futur ingénieur agronome

Dans sa présentation, Didier Helmstetter a d’emblée éliminé les adjectifs comme biologique, écologique, merveilleux, sensationnel… pour lui il apporte juste des idées, comme on sème des graines…
Sa recherche d’un potager en phase avec ses convictions a des racines profondes : ses parents étaient maraîchers dans les années 60, une époque où les légumes de saison ne se vendaient pas dans la France rurale. Chacun produisait ses légumes.. il fallait se démarquer en tant que producteur en proposant des « primeurs » d’où une surenchère pour être en avance sur la saison et un surcroît donc de travail auquel il était associé, car le travail des enfants était la norme.

Bon élève, il a été repéré et encouragé à faire des études qui l’ont conduit à un diplôme d’ingénieur agronome. Il en est sorti avec l’idée de sauver le monde, citant le livre de René Dumont paru en 1973, « L’utopie ou la mort « ! Sa vie professionnelle l’a conduit en Afrique où il a réalisé ce que l’eau et surtout son absence induisaient au niveau des cultures.
Un autre livre a été déterminant dans sa réflexion, l’autobiographie de Nelson Mandela, « Un long chemin vers la liberté ».

Réflexions et emportement

En 2007, après s’être essayé à toutes sortes de techniques de jardinage qui d’après lui, marchaient toutes, et après avoir été victime d’un infarctus sévère il s’est mis à réfléchir tout en se détachant des croyances, des idées reçues, des habitudes, des diktats de gourous et autres visions anthropomorphiques. Il s’est questionné sur ce qu’est un jardin propre, a déconstruit le mythe des cultures en buttes, en carrés, en lasagnes, s’est détaché du motoculteur, de la binette et de la grelinette… Tout au plus une fourche-bêche pour récolter les poireaux.

Le composteur aussi a eu droit à ses foudres : à quoi bon mettre les matières organiques en tas, alors que dans les forêts, ces mêmes matières sont toujours en superficie.
Et le voilà parti en diatribe contre le travail manuel, intentionnel, les pesticides (hormis le phosphate ferrique qui aide à lutter contre les limaces), le fumier, l’arrosage sauf dans quelques cas, les purins, décoctions et autres macérations qu’il assimile aux intrants de l’industrie chimique !
Le bonhomme s’enflamme vite, écorne au passage les femmes qu’il nomme sans aménité des « emm….euses » .
Bref, un personnage, on aura compris, qui a de la réflexion et propose des choses parfaitement sensées mais visiblement en indélicatesse avec la moitié de l’humanité quand même.

Couverture de foin et autres solutions

Et sa compréhension des choses le conduit à préconiser la couverture du sol avec 20 cm de foin (pas de la paille) et à privilégier la lumière au jardin… Eh oui, le malheur vient des arbres qui s’élèvent en hauteur et assèchent toute possibilité de croissance des plantes « molles » que sont les légumes ! Un potager laissé à l’abandon sous nos tropiques finira invariablement en forêt : les arbres en domination et rien en dessous ou presque.
L’écosystème du PP (Potager du Paresseux) fonctionne avec la lumière qui permet aux plantes de faire la photosynthèse. Les plantes génèrent de la biomasse que les humains hétérotrophes détruisent…
Couvrir le sol apporte des nutriments, des fibres, évite le désherbage et la dégradation de la structure par la pluie qui densifie le sol.

Toute agriculture est une intensification ! Si on ne s’y adonne pas, on revient au stade de chasseur-cueilleur et on meurt de faim !

Toutefois il reconnaît qu’une alternative au foin peut se trouver dans l’utilisation des feuilles mortes, des tontes de gazon, dans l’association paille-urine, le BRF (Bois Raméal Fragmenté), l’azote, le fumier en couche fine… Ouf !
Pour le PP, il y a encore d’autres acteurs : les vers de terre anéciques, les plus intéressants car ils creusent à la verticale en profondeur, contrairement aux épigés vivant en surface et au endogés qui creuse à l’horizontale. Il y a également les champignons saprophytes mais aussi les mycorhiziens, les bactéries…
L’idéal est de coopérer avec les organismes vivants du sol pour s’attacher leur aide et alléger sa tâche puisque le travail du sol en soi est fatigant et nuisible.
Le conférencier conclut en disant qu’un PP n’est pas un jardin d’Eden, mais est plus inclusif puisque plus adapté à des personnes en situation de handicap par exemple! Et les femmes dans tout ça, on les inclut comment ?

L'auteur

Anne Marie

La Nature est une grande école de Vie ouverte quatre saisons par année

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