L’automne au coin du bois joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles!
Elles valsent au bras du vent qui les emporte.
On dit qu’elles sont mortes, mais personne n’y croit.
L’automne au coin du bois joue de l’harmonica.
Maurice Carême « La lanterne magique 1947 »
Que représente l’automne pour vous?
Les premiers colchiques dans les prés?
Un souvenir de cartable neuf et de petit pot de colle qui sent bon l’amande?
Une bouffée de mélancolie devant la nature qui s’endort?
Les vendanges? La récolte des pommes? Les noix à ramasser…
Chacun verra l’automne à sa façon, le pessimiste n’y verra que les jours qui raccourcissent, le poète admirera l’or qui flamboie dans les sous-bois, le frileux se réjouira d’une pause-lecture au coin du feu…
Insouciance de l’enfance…J’ai 5 ans et j’accompagne ma maman « faire les commissions » à la « Coop », chaque jour nous passons le long d’un jardin; une vigne folle court le long du grillage. On m’avait dit: » Tu iras à la grande école quand les raisins seront mûrs ». Cette échéance me paraissait bien lointaine et même improbable puisque les baies de raisin que je côtoyais chaque jour semblaient ne pas changer, ce qui me rassurait et me faisait douter: les adultes mentiraient-ils? Confiante en l’avenir, j’oubliais de surveiller la vigne et les petites boules vertes. Fourberie! Ne voilà-t-il pas qu’un jour, je constate avec stupéfaction que les baies traîtresses étaient bien dodues. Il a fallu se rendre à l’évidence, on ne m’avait pas menti: l’automne était là et j’allais entrer à la « grande école ».
L’école de la République m’a ouvert ses portes en 1959 et j’ai aimé ça, puisque je ne l’ai quittée qu’en 2006.
Jolie treille.
Nos lecteurs octogénaires ( oui, il y en a) le savent bien: oct signifie huit en latin. Alors pourquoi le mois d’octobre est-il le 10e mois de l’année? Tout comme septembre (sept) qui est le 9e mois de l’année. Ainsi que novembre ( novem=9) qui porte le numéro 11, et décembre qui selon sa racine latine devrait être le 10e et non le 12e mois de l’année.
Octobre était effectivement le 8e mois du calendrier romain. C’est à la fin du XVIe siècle, sous le règne du Roi Charles IX, à la demande du pape Grégoire XIII que fut adopté le calendrier grégorien. Il fut décidé que l’année civile commencerait le 1er janvier. mais octobre garda son nom.
Hérissons d'automne.
Tout est affaire de perspective…Certains considèrent l’automne comme la saison du recul: la clarté diminue, les jours raccourcissent, les feuilles tombent, la végétation se fane, les températures baissent, la bonne humeur des jours d’été laisse la place à une douce mélancolie. Et pourtant…
Le mot « automne » est issu du mot « autumnus« . Son origine serait étrusque. On rapproche son étymologie du verbe « augere » ( augmenter) qui signifie » croître ». Etrange…Pas tant que ça, si on considère que l’automne est le temps des récoltes et de l’abondance.
Pommes, poires, noix et noisettes, champignons et courges, sans oublier le temps des vendanges même si elles commencent actuellement de plus en plus tôt.
Belles soupes en perspective!
En ce qui concerne l’abondance, notre bilan automnal fait grise mine.
Tomates: récolte maigrichonne, fruits petits, peau coriace. Sauf quelques exceptions: pas glorieux!
Courgettes: même constat, je n’ai pas eu de quoi faire mes traditionnels pickles à l’aigre-doux.
Concombres: un peu mieux, mais pas de quoi tenir un stand au marché!
Poivrons: la sécheresse et la canicule leur ont fait un sort: aucune récolte.
Aubergines: Trois ou quatre mais de calibre moyen.
Choux: Merci les altises, nos choux ont fait un concours de la plus belle dentelle!
Artichauts: ils ont joué les abonnés absents: séchés sur pied!
Courges: une bleue de Hongrie et deux potimarrons; aucun butternut.
Salades variées: elles ont mieux tiré leur épingle du jeu. Les limaces étant parties vers d’autres horizons.
Petits fruits rouges: de quoi se concocter quelques desserts mais sans plus.
Pommes: quelques compotes, ça s’arrête là.
Cerises: précoces, elles ont bien produit avant que ne commencent les hostilités.
Mirabelles: rien Quetsches: Deux ou trois corbeilles.
Pêches: heureusement qu’elles nous ont sauvé la mise: belle récolte.
Le bouleau a bien souffert, attendons le printemps pour en savoir plus. Les hortensias, vaille que vaille, ont survécu sauf un.
L’un de nos amis du village vient de nous apporter un plateau de ses tomates pour nous consoler…ou pour nous rendre jaloux…Bravo et merci à lui!
à faire pâlir d'envie...les tomates de Francis.