Vous avez deviné, on continue avec M,N et O. C’est parti!

M comme mur...mûr...mûre...

La mûre me murmure qu’elle sera bientôt mûre, quel régal! Certains en font de la gelée, des confitures, parfois des muffins ou des madeleines comme René qui nous a régalés lors de la visite de son jardin.

Moi, je les aime bien avec quelques framboises et un peu de fromage blanc…Presque nature!

Mais la mûre est pour moi comme la madeleine de Proust, elle me murmure des souvenirs d’enfance. J’ai dix ans et avec mon père et mon frère  nous arpentons les chemins creux, là-bas sur les hauteurs de Soultzeren. La mûre sauvage est sauvage et se défend, toutes épines dehors. Elle se mérite. La « canne à lait » (Melichkann…) se remplit toutefois et par les mains de ma mère, les fruits juteux vont bouillonner leur parfum dans toute la maison et nous faire saliver!

Mûres...ou pas mûres?

N comme...nuit.

« Lune solitaire

abandonnée à la nuit

qui donc vous regarde ?  »

Haïku ancien    Sôseki  1867/1916

Douce est la nuit, le jardin s’endort sous la lune…C’est ce que vous croyez! Le petit peuple de la nuit, du crépuscule jusqu’à l’aube, s’active alors que les habitants de la maisonnée plongent dans un profond sommeil.

Silencieusement? Pas toujours! Le hérisson qui explore les allées du potager souffle, grogne, ronfle, même aboie de façon bien étrange parfois! La grenouille et ses congénères entament un concert déconcertant, ça froufroute dans les taillis, ça stridule, ça crisse,  la hulotte hulule dans le vieil arbre creux.

La pipistrelle glisse, elle, sans bruit, dès le crépuscule. Le baveux escargot ne se signale pas mais il est bien là, les cornes aux aguets , tout comme la fourbe limace…La gentille musaraigne au museau pointu, la souris et autres campagnols , la taupe, la fouine, tout ce peuple trotte-menu prend possession des lieux que le jardinier a abandonnés …

Tous ne verront pas le lever du jour, certains ont mangé, d’autres ont été mangés, c’est la rude loi de la nature, des tragédies se jouent parfois au coeur de l’obscurité, la nuit n’est pas douce pour tout un chacun.

Quand Séléné rencontre Vénus.

O comme...oasis.

Point besoin de palmiers , de sable fin, de dunes à perte de vue! Une oasis de fraîcheur dans un coin de jardin suffit au plaisir du jardinier. Un cocon de verdure à l’ombre de quelques feuillages, un bassin délicatement fleuri de deux ou trois nénuphars, le chant de l’eau qui cascade doucement, que demander de plus? Le farfadet rêveur du haut de son entonnoir salue les visiteurs de passage, c’est le gardien des lieux, il écoute le bavardage des oiseaux et regarde le temps qui passe…

Tu rêves, petit farfadet?

L'auteur

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