Je vais rebondir sur l’article d’Henriette. Cette rouge solanacée qu’est la tomate a inspiré bien des écrivains. Ce fruit (il parait que c’est un fruit) est un peu comme la madeleine de Proust. Il réveille en chacun- qui des souvenirs d’enfance- qui une recette qui met l’eau à la bouche…même les poètes ont chanté sa chair savoureuse. Et pourtant, j’ai trouvé quelqu’un qui n’aime pas les tomates mais alors pas du tout!
Il y a quelques années, je cherchais un poème célébrant la tomate. Pas facile à trouver…Et voilà que je tombe sur cette pépite, celle que vous voyez en illustration sur la photo ci-contre. J’en ai recopié une partie sur une ardoise que j’ai plantée dans la parcelle des tomates.
Ainsi, le grand poète chilien Pablo Neruda a écrit une ode à la tomate. Rien de plus banal qu’une tomate et pourtant, il réussit à la sublimer. Il y célèbre la beauté et la générosité du fruit mûr et juteux. Si vous voulez lire le poème dans son intégralité, ci-joint les références.
Extrait des « Odes élémentaires » publié chez Gallimard en 1974.
Pablo Neruda (1904/1973) Poète, écrivain, diplomate et homme politique chilien.
Dans notre jardin.
Vous connaissez sans doute Philippe Claudel, écrivain et réalisateur, né en Lorraine à Dombasle en 1962. Il a publié il y a quelques années ce recueil de souvenirs d’enfance, recueil d’impressions olfactives qui se succèdent en de courts chapitres.
Page 184, il nous emmène dans la cuisine de son enfance où mijote la sauce tomate. En voici quelques extraits:
« Les tomates turgescentes fendues par endroit sous la poussée de leur chair juteuse. »
» Massacre aztèque: ma mère a les mains ensanglantées, son couteau fait sourdre la pulpe, met à nu pépins, chair et alvéoles. »
» Sucre et soleil, condensé estival. »
Vous aussi, vous le sentez ce parfum? ça clapote, ça chuchote, ça bouillonne…
Palette de parfums.
Pour elle, la tomate est « une antipathie« ! Son ennemi depuis toujours. Qui donc déteste à ce point la tomate? Il s’agit d’Anne Sylvestre que certains d’entre vous connaissent à travers ses savoureuses « Fabulettes ». Mon fils m’a offert il y a quelques années le recueil ci-contre « Coquelicot et autres mots que j’aime ». Et page 169, on trouve le chapitre consacré à ce « fruit-légume » détesté, honni, haï!
Je vous en livre un extrait:
« Je la déteste comme d’autres la betterave, le concombre ou l’endive »
« Au nom de quelque retour aux sources, on en invente des jaunes, des noires, des grosses, des fripées comme des coussins de velours, des petites, en grappes, ou encore plus petites, oh! qu’elles sont mignonnes, mais arrêtez ce délire! »
Tous les goûts sont dans la nature, n’est-ce pas?
J’ai connu un copain qui avait horreur de la tomate sous toutes ses formes…mais il fréquentait assidument une pizzéria strasbourgeoise où il commandait une pizza blanche, surtout pas de tomate!!! Une sorte de tarte flambée, quoi! S’il lit cette chronique, il se reconnaîtra! Salut Alfred…
Tomate, un mot que je n'aime pas!
Parfum d’enfance…
Pour moi, la tomate évoque la chaleur d’un jour d’été. Alors que d’habitude nous déjeunions dans la cuisine, ces jours-là, nous prenons les repas dans la salle à manger. Les persiennes sont fermées, il y régne une ambiance étrange. Ma mère pose sur la table un grand plat de tomates farcies. Le parfum de ce plat est pour moi indissociable de ce moment. Mon père, lui, a toujours droit à un poivron farci que nous, les enfants, nous n’aimons pas. Il fait chaud, c’est l’été, sans doute les vacances, un petit bonheur…
Bon appétit!