Joufflu et dodu, il a l’air inoffensif…Eh bien sous ses airs débonnaires, le haricot rouge est un fourbe! Ce sournois comme tous ses congénères, les haricots secs, cache bien son jeu. Voyons pourquoi…
Les trois convives dont je faisais partie ( les deux autres se reconnaîtront) étaient attablés devant une appétissante salade de haricots rouges. Ces haricots malveillants s’étaient entourés d’oeufs durs, de persil, de thon et d’autres ingrédients destinés à aiguiser l’appétit et surtout à camoufler leur dangerosité! Oh la salade était excellente, bon les haricots manquaient de fondant et pour cause! Ils n’étaient pas suffisamment cuits. Et c’est là que se niche la cause des ennuis gastriques et intestinaux qui ont suivi le repas. Plus ou moins intenses selon les convives…Mais de toutes les façons, chacun d’entre eux s’en souvient et en a tiré la leçon. Pour terminer cette anecdote, je dois humblement confesser que j’en suis à l’origine puisque la cuisinière, c’était moi!!!
Méfiez-vous de lui...
C’est ainsi que s’appelle ce haricot rouge bien connu par tous les amateurs de chili con carne. Consommée dans le monde depuis des millénaires, cette légumineuse est pleine de bienfaits: des anti-oxydants, des fibres, des protéines végétales, des vitamines et des minéraux, elle stimule le transit et favorise la satiété. Mais voyons pourquoi elle peut être dangereuse.
Un plat réconfortant.
Le composé nocif du haricot rouge s’appelle la « phytohémagglutinine » et c’est elle qui peut provoquer de graves nausées, des vomissements et des diarrhées. Pour empêcher tous ces ennuis, il est impératif de faire tremper les haricots. Temps de trempage: au minimum 12h dans 3 fois leur volume d’eau froide. On peut rallonger le temps de trempage après avoir changé l’eau. Pour la cuisson, au moins 2h jusqu’à ce que le haricot soit fondant. Pour faciliter la digestion, on peut rajouter un peu de bicarbonate.
( Une dernière solution consiste à utiliser des haricots rouges en conserve…déjà tout prêts! Tout danger est alors évité, ce qui n’empêchera pas certains organismes fragiles de se transformer en montgolfière!!!)
Tout rouge, plein de bonnes choses.
Merci à Claire-Marie; elle m’a transmis un livre édifiant qui vous fera découvrir le côté méconnu d’une infinité de plantes que nous fréquentons parfois sans nous douter de leur hypocrisie.
« Plantes vicieuses » éditions Hachette » de Amy Stewart
à feuilleter sans modération.