Sous un ciel de cuivre et de brume légère,
La forêt s’endort, lente et passagère.
Les feuilles dorées comme un dernier feu,
Dansent au vent, puis s’éteignent peu à peu.
Les troncs se dressent, gardiens du silence,
Leur souffle murmure une vieille romance.
Chaque pas froisse un tapis d’or fané,
Où le temps s’efface, doux et résigné.
L’écureuil cache ses rêves, en hâte,
Le ruisseau chuchote, discret, délicat,
Et la lumière d’un geste apaisant,
Caresse la mousse aux reflets changeants.
Bientôt viendra la blanche saison,
Mais l’automne offre dans sa déraison,
Un dernier éclat, une lente prière :
La beauté qui meurt reste la plus sincère.