Un événement international

L’événement transfrontalier organisé par le Landkreis Emmendinen a eu lieu en ce week end de Pentecôte 2026. Le jardin verger de près de 50 ares de Jean Claude Naas, situé sur la commune de Neubois, lieu dit « auf der Höhe » figurait dans la sélection.

Jean-Claude et son jardin savent recevoir : les habitués réguliers venus majoritairement de centre Alsace, et les autres, non loco-régionaux ayant traversé une frontière pour les allemands ou plusieurs frontières comme ce couple venu des Pays Bas, tous visiblement réjouis de leur déplacement et qui se sont exprimés sur le livre d’or mis à disposition.

Une mention bilingue résume l’état d’esprit des contributeurs à ce recueil d’impressions : « Wild, Bio et le bruit de l’eau »

On emboîte le pas à ce rédacteur !

"Wild, bio et on entend le bruit de l'eau

Côté « Wilderness », rien à dire. C’est dense, touffu, tortueux et quand même on s’y retrouve… faut dire que Jean-Claude, n’est pas avare d’explications et délivre ses anecdotes, petits et grands secrets sans lésiner ; il accompagne ses visiteurs d’un bout à l’autre, s’arrête, explique, précise et puis surtout il y a de quoi s’informer avec les plaquettes explicatives ; réfléchir et philosopher avec les ardoises aux aphorismes ; s’interroger quand on voit tous les outils exposés prêts à servir !

Bio, ça, on n’en doute pas une seconde ; la terre est bien traitée, les plantes sont bien traitées, les animaux aussi puisque tout ce petit monde, oies, poules, coq, fruits, arbres, légumes, aromatiques semble être à sa place et s’y sentir bien ! Ainsi j’ai découvert cette année que pour qu’un arbre soit bien, il lui faut des racines dans l’eau, le tronc à l‘ombre et les branches au soleil.

Le bruit de l’eau c’est donc ça qui participe au bien être des arbres dans ce verger paradisiaque ! Et il est vrai que l’eau est omniprésente, pas seulement le bruit : l’eau court du haut en bas : d’un contenant à l’autre, elle ruisselle, un flot menu qui passe, court et glisse…Et on l’apprécie en cette chaude journée de mai ! Une canicule de mai ! On explose tous les modèles habituels ! Dépasserons nous cette année les résultats de 2003 ?

Et si je vous disais que Jean-Claude sait recevoir, rien ne manquait à la table mise sous la pergola près de l’entrée… De quoi se sustenter et se désaltérer (l’eau était bien fraîche de surcroît, on ne rechigne pas, n’en déplaise aux esprits chagrins qui prônent l’eau tiède de la médecine chinoise!)

Le jardin était aussi ouvert à un « moniteur », membre des croqueurs de pommes de Raon l’Etape et qui a attiré bien du monde venu s’initier aux greffes d’arbres fruitiers .

Le stand de l’ACJCA était bien achalandé en documentations circonstanciées que les lecteurs de la feuille de chou connaissent bien.

Les conseils d'Estelle

Et puis tout au fond du verger il y avait Estelle, apicultrice dont les ruches profitent de la manne florale du secteur et qui coordonne la lutte contre le redoutable frelon asiatique dans la vallée de Villé ! « Asiatische Hornisse » pour nos voisins d’Outre Rhin qui là bas aussi fait des dégâts ; toutefois, Estelle précise que « là bas », le frelon européen est protégé. Si proche le territoire et si loin la manière d’appréhender les problèmes.
Estelle en connaît un rayon (sans mauvais jeu de mots) sur les hyménoptères : ordre des insectes à ailes membraneuses et à pièce buccale de type broyeur lécheur… Et elle écoute attentivement les problèmes d’autres apiculteurs en proie à des difficultés, elle cherche des solutions ; elle explique aux béotiens le B A BA de la lutte contre le frelon venu d’Orient en bateau paraît-il en 2004 via le sud ouest! Foutue mondialisation ! Les choses étaient simples avant que s’abattent sur les abeilles domestiques les fléaux liés au Varroa, à la loque américaine et j’en passe.
Estelle a un discours simple pour les aspirants apiculteurs : l’apiculture ce n’est pas un passe-temps ; si vous n’acceptez pas de sacrifier vos vacances en restant sur place pour parer aux urgences, laissez cette activité à d’autres !

Son stand est didactique : on voit les insectes -trépassés- en vrai, les pièges sont bien présentés de même que les nids -primaire et secondaire-. Elle répète inlassablement son message, de manière bien documentée et minutieuse sur le frelon asiatique, le rôle de la fondatrice, l’élaboration du nid primaire puis du nid secondaire avec son entrée latérale et l’impérieuse nécessité de contrer l’envahisseur qui ne se contente pas seulement des abeilles mais s’attaque à tous les pollinisateurs. La lutte doit être citoyenne, car nous avons tous à perdre de la baisse de la pollinisation causée par le frelon asiatique.
Retenons bien les enseignements d’Estelle nous n’aurons plus la même attitude lors de nos promenades.

L'auteur

Anne Marie

La Nature est une grande école de Vie ouverte quatre saisons par année

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