Mais pourquoi est-ce que la suggestion d’un article sur les taupes m’a tout de suite plu ? Je n’y connais rien, moi !
Parce que… « De la petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête » (voir la semaine dernière)
Parce que… mon côté un peu romantique et que la nature est belle
Et je crois aussi… parce qu’un petit côté anar me fait me réjouir des entorses à l’ordre convenu (les belles pelouses en l’occurrence).
En écrivant l’article de la semaine dernière et comme je n’étais pas très sûre de moi j’ai bien sûr été voir sur Google si je ne disais pas de bêtise. Et au fil de mes recherches je suis tombée sur une référence au magazine La hulotte, souvenir de mes 20 ans, que j’avais perdu en route, et qui a édité un numéro spécial sur la taupe. Je le commande aussitôt, je vais m’abonner, je me sentais investie d’une mission, l’ACJCA comptait sur moi !
La suite de cet article est donc un petit patchwork d’extraits de la revue.
Pour compléter mon article de la semaine dernière :
Si je ne vois plus de taupinière dans mon jardin, cela ne veut pas forcément dire que la petite taupe n’y est plus : peut-être a-t-elle suffisamment de nourriture pour ne pas être obligée de creuser de nouvelles galeries, et comme je lui ai piqué de la terre pour rempoter mes fleurs on ne voit plus les taupinières.
Utile ou nuisible ?
Elle ameublit et aère le sol en profondeur, et ses galeries absorbent les grosses pluies d’orage.
Mais on l’a dit elle se nourrit essentiellement de vers de terre, et les taupinières, outre leur côté jugé inesthétique, peuvent faire des dégâts aux lames des faucheuses, prennent de la place, et en plus les bestiaux risquent de contracter des maladies à force de consommer la terre accidentellement mélangée à l’ensilage au moment de la récolte. Le cultivateur est donc obligé d’étaler au printemps toutes les taupinières.
D’abord oubliez le piégeage, difficile à poser et trop cruel. Sans compter que si vos pièges « disparaissent », c’est qu’une petite taupe agonise misérablement au fond de son trou, en traînant l’engin de torture attaché à l’une de ses pattes broyée.
Alors comment la faire partir sans lui faire de mal ?
Les objets pointus ou tranchants (fil de fer barbelé, tessons de bouteilles etc) introduits dans le terrier ne sont d’aucune utilité : la petite taupe n’enjambera jamais un objet inconnu, et creusera une galerie de dérivation sur le côté pour l’éviter.
Les produits nocifs (goudron, huile de vidange, boules de naphtaline etc) déversés dans les galeries ne sont pas plus efficaces : il suffit au petit terrassier de reboucher soigneusement tous les couloirs infectés en les bourrant jusqu’à la gueule de déblais en provenance des galeries fraîchement creusées.
Les « émetteurs d’ondes à basse fréquence » ne marchent semble-t-il qu’un temps, le temps pour les taupes de s’y habituer et de comprendre que c’est sans danger. Une version « bidonville » de cet émetteur à basses fréquences existe même pour les jardiniers fauchés : il suffit de planter quelques bouteilles plastiques brinquebalantes au sommet de perches de noisetier. Les vibrations répercutées sous terre par les tiges sèment paraît-il la terreur chez les taupes.
Quant aux plantes réputées les éloigner (l’épurge, l’hellébore fétide et le datura) elles sont sans effet.
Et si finalement vous arrivez quand même à l’expulser… une autre ne tardera pas à venir s’installer dans ce magnifique réseau de galeries sans propriétaire.
La coexistence pacifique, finalement, il n’y a que cela de vrai.