Photo par André Karwath aka Aka, sous licence CC BY-SA 2.5

On les croit en patrouille deux par deux, toujours à rôder autour d’un tronc ou d’une souche, vêtus de rouge et noir comme s’ils sortaient tout droit d’un carnaval punk… Et pourtant, ces petits insectes qu’on surnomme « gendarmes » ne distribuent pas de contraventions ! Bien au contraire, ils participent discrètement à l’équilibre de notre jardin. Mais qui sont-ils vraiment, et que font-ils toute la journée dans nos massifs ? Allons faire leur connaissance.

Qui est le gendarme ? Portrait d’un coléoptère pas si militaire

Photo par André Karwath aka Aka, sous licence CC BY-SA 2.5

Le gendarme (Pyrrhocoris apterus, de son petit nom scientifique) est un insecte aisément reconnaissable à sa carapace rouge vif marquée de motifs noirs symétriques. Certains y voient deux points et un triangle, d’autres un masque tribal… Il mesure entre 7 et 12 mm, et on le trouve en général en groupe, souvent au pied des tilleuls, des hibiscus ou des vieux murs bien exposés.

Contrairement à ce que son nom suggère, il n’est pas policier, et ce n’est pas non plus un coléoptère, mais un hémiptère, de la même grande famille que les punaises. Il est inoffensif pour les humains, ne pique pas, ne mord pas, ne fait pas de bruit, et ne vole quasiment pas car il est… apterus, c’est-à-dire sans ailes fonctionnelles.

Le gendarme, auxiliaire discret du jardin vivant

Le gendarme a un régime alimentaire des plus utiles. Il se nourrit principalement de graines tombées au sol (celles de tilleuls notamment) et de cadavres d’insectes. Il joue donc un rôle d’éboueur, contribuant au nettoyage naturel du jardin et à la décomposition des matières organiques.

En éliminant certains œufs d’insectes et en participant au recyclage de la matière, il aide à limiter les populations indésirables et enrichit indirectement le sol. Il ne s’attaque ni aux plantes, ni aux cultures, ni aux fruits : il est donc un compagnon à laisser vaquer à ses occupations sans inquiétude.

Le protéger et l’abriter : un geste simple pour la biodiversité

Groupe de gendarmes – Auteur : Thérèse Frigeni

Le gendarme aime les endroits secs, chauds, abrités et riches en matières végétales mortes. Pour l’accueillir dans votre jardin, rien de plus simple :

  • Laissez quelques zones « sauvages » : un tas de bois, des feuilles mortes, un vieux mur ou un muret de pierres.

  • Évitez les pesticides, même naturels, qui pourraient le déranger.

  • Favorisez les plantes qu’il affectionne, comme les tilleuls ou les mauves (dont l’hibiscus).

En somme, créer un environnement favorable aux gendarmes, c’est participer à un jardin vivant, riche en interactions et en régulations naturelles. Et puis… avouons-le : un jardin où de petits insectes rouges et noirs tiennent réunion au pied d’un arbre, ça a quand même du charme.


Alors la prochaine fois que vous croiserez un groupe de gendarmes en plein conciliabule, pas de panique : ce sont juste vos alliés qui veillent au grain. Et ceux-là, pas besoin de les inviter à la caserne !

🧐 Envie d’aller plus loin ?
Le gendarme est un insecte fascinant, bien plus complexe qu’il n’y paraît. Pour plonger dans les détails de sa biologie, de son mode de vie en société ou de ses stratégies de défense étonnantes, on vous recommande chaudement cet article très complet de Zoom Nature :
👉 La vie passionnante des gendarmes

L'auteur

Claire Marie

Il y a en France 17 millions de jardins : c'est 1 million d'hectares où la biodiversité peut être préservée et retrouver une place. Alors venez nous voir et découvrez comment vous aussi faire de votre espace un lieu vivant et riche !

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