Le maïs, beau jeune homme solitaire, désirait se marier, et attendait devant sa maison celle qui se présenterait. Un jour survint la liane du potiron dans son bel habit vert orné de clochettes jaune d’or. Mais il la repoussa, car il savait qu’il ne pourrait garder auprès de lui une épouse au tempérament vagabond, toujours prête à s’éloigner de la maison. Il resta donc seul à attendre jusqu’au jour où se présenta une jeune femme au manteau vert parsemé de grappes de fleurs rosées. Il sut que c’était celle qu’il attendait, et l’épousa. Et depuis lors, le haricot enlace étroitement le maïs, qui le soutient.
(in « Le potiron », Aïté Bresson, Actes Sud)