Pendant quelques années, ma grand-mère maternelle a eu une maison avec un jardin.
Elle, la citadine, n’en revenait pas : émerveillée, éberluée, elle semait, elle plantait et ça poussait, et ça donnait !
Alors elle a appelé son jardin Canaan, c’est-à-dire la Terre promise, le pays où coulent le lait et le miel.
Je consulte Wikipédia. « Dans le texte de la Bible, le pays de Canaan est la « Terre promise » aux Hébreux par leur dieu Yahweh à l’époque du patriarche Abraham. Il correspond à la région comprise entre la mer Méditerranée et le Jourdain, avant sa conquête par Josué et les tribus d’Israël sorties d’Égypte. Les Cananéens y sont présentés de façon négative : ce sont des idolâtres habitant la Terre promise, que les Hébreux doivent anéantir afin d’en prendre la possession, suivant la volonté divine, sans jamais y arriver totalement. »
Ma grand’mère est née en 1890, pour elle Canaan était un rêve, un mirage, une belle histoire.
Aujourd’hui je ne peux plus appeler mon jardin Canaan.
Alors je dis « mon coin de paradis ».