Le jardin verger de Jean-Claude

C’était jour de grande ouverture dans le jardin-verger de Jean-Claude en ce dimanche de fin septembre sous un soleil rayonnant qui réchauffe les corps et les cœurs, après une semaine plombée par une météo automnale désespérante. Grande ouverture certes, mais dans une dynamique à saute-frontière avec l’association « Jardins en France et en Allemagne ».
Stationnement prévu, itinéraire impeccablement fléché, le panneau « Au paradis de Jean-Claude » brillait au soleil, entrée gratuite, les dernières brumes matinales se résorbaient au loin. La journée s’annonçait bien.

On se sent accueilli

Un jardin pluri dimensionnel

Un jardin ouvert, chez Jean-Claude, ça va de soi : dès lors qu’il est présent, accueil et échanges collent à la peau du maître des lieux ; partage aussi faudrait-il dire, car le fonctionnement de Jean-Claude ignore tout égocentrisme.
Son verger accueille des oies qui expriment leur mécontentement lorsque des visiteurs arrivent, mais Jean-Claude affirme qu’elles s’habituent vite à la présence des intrus. Des poules aussi, ont un enclos bien protégé. Car le goupil rode lui aussi…amateur de poires exclusivement, qu’il entame sans les finir! Jean-Claude apprécie que le renard, considéré comme un nuisible, le débarrasse des campagnols, redoutables ravageurs des cultures…il se dit qu’un campagnol ingurgite tous les jours son poids en pissenlit, légumineuses, bulbes et rhizomes. Dame !
Avec cette petite anecdote, tout est résumé quant à la philosophie qui nourrit Jean-Claude : il faut de tout dans un jardin, dans un verger, dans la nature en général. Il faut de tout, et il faut brasser ; Jean-Claude s’exprime très simplement et au détour de la conversation portant sur la rouille du poirier par exemple ( à traiter avec du purin de prêle ou de la bouillie bordelaise) notre jardinier conseille, si c’est possible, de dédoubler le compost : une partie issue du verger, l’autre provenant du potager et on réalise un transfert croisé des composts obtenus, le compost-verger va au potager et inversement d’où un enrichissement pour chaque partie.

il y a de tout

Une variété improbable de fruitiers

Les chiffres alignés par ce spécialiste es-biodiversité concernant ses fruitiers donnent le vertige ; plus de 100 variétés de pommiers, 30 de poiriers et 20 de cerisiers auxquels s’ajoutent les spécialités du jardin situé autour de sa maison. Pour faire tenir toutes ces variétés sur le demi hectare cultivé sur la butte de « Auf der Höhe », notre arboriculteur a un secret !
Eh oui, mais bien sûr : c’est la greffe! Il n’est pas rare qu’un pommier porte 3 ou 4 variétés de pommes… greffées par ses soins et le tour est joué ; Jean-Claude s’amuse de cette sorcellerie ! Quoique, j’ai bien dit qu’il s’agit d’un paradis ; aucun sortilège, aucun maléfice, des essais, des ratages, des loupés et puis des succès aussi qui donnent confiance, le tout asséné avec du recul et sans aucune fausse modestie.
Jean-Claude s’amuse de l’étonnement qu’il produit : aucun désespoir apparemment, des questionnements oui ; car la nature lui joue des tours lorsqu’il affirme que limaces et doryphores, on a beau les combattre , ils et elles finissent par s’immuniser. Il hausse les épaules mais n’abandonne pas.

Une année exceptionnellement riche en fruits

2025, il le confesse est une année généreuse : les quantités de fruits récoltées ont été délirantes ; lui même a compté plus de 400 kilos de pêches !
Notre jardinier a bien sûr érigé une haie vivante autour de son paradis. « Elle nourrit les oiseaux » souffle-t-il « et elle compte 150 arbustes ». Tout est tellement énorme et vit en harmonie.
Jean-Claude connaît tout de son jardin merveilleux, rien ne lui échappe. Il s’amuse de la sidération qui me saisit devant son poivrier de Sichuan débordant de baies odorantes à la saveur unique, son oseille est une oseille écusson à l’acidité si exceptionnelle qu’on l’utilise crue.
C’est jour de marche rose à Villé dans le cadre d’octobre rose pour sensibiliser au cancer du sein et justement, je m’y rends ; Jean-Claude me dope avec un fruit du fuchsia et et un autre encore prélevé sur son kiwaï…Ma marche se passera très bien évidemment !
Son pyracantha déborde de fruits lui aussi, ils nourriront les oiseaux autour de Noël. Ce jardin donne le tournis. On comprend l’apiculteur-ice qui a installé ses ruches dans le bas du terrain de Jean-Claude. Ses abeilles peuvent lui dire merci.

Un foisonnement de dictons

Le mot de la fin vient à l’un de ses écriteaux qui parsèment poétiquement cet espace si particulier : « Un jardin PROPRE est un jardin impropre à la vie ».
Léonard de Vinci aurait dit : « Cultivez la nature, vous y trouverez votre futur » . En ces périodes troublées, il en faudrait des jardins comme celui-ci pour s’y retrouver !

AMarie

on se le note

L'auteur

Mentions légales - Politique de confidentialité