Comment un projet de lecture au jardin a été contrarié…Et tant mieux!
Une table ronde sous le bouleau, une tasse de café et le roman du jour » Choses que je croyais perdues » de Clémentine Mélois. Je lis quelques pages mais rapidement je papillonne, et les esprits du jardin m’appellent.
Un doux soleil tiédit l’atmosphère, de fins nuages- des cirrus je crois- s’effilochent dans un ciel bleu pâle. Idéal…La lumière est poudrée, on sent poindre l’automne, mais l’été fait de la résistance. Je ferme les yeux et j’écoute. Le pic-épeiche tambourine sur le tronc du noyer, le pigeon ramier roucoule, la goulotte gargouille près du bassin. C’est comme une parenthèse enchantée, un moment suspendu dans le temps.
Tiens, ça froufroute par là-bas! C’est le petit peuple à plumes qui se gave de baies de raisin dans la treille. Gudule le chat lézarde sous ma chaise. Une guêpe vient s’abreuver dans le bain d’oiseaux.
Le vent léger effleure les branches du bouleau, il pleut quelques graines dans mon café, elles ont la forme de minuscules oiseaux. Un vulcain se pose sur une quetsche éclatée dans l’herbe et trempe sa trompe dans la chair sucrée.
Une fourmi passe sur le pavé et se dépêche. Où va-t-elle? Où court-elle? Quelle vision de notre monde a la fourmi? Loin des bruits du monde et de la fureur des hommes, elle vit sa vie de petite ouvrière laborieuse. Son monde à elle, c’est ce coin de jardin…
Je reprends mon roman…Les petites choses perdues dont parle la romancière, ne seraient-ce pas ces petites choses que nous laissons de côté faute de prendre le temps de nous y pencher?