Le musée du pays de Hanau

La visite du musée du pays de Hanau à Bouxwiller l’après midi du samedi 8 août a eu un effet « waouh » sur le groupe d’excursionnistes en recherche d’émotions et de fraîcheur ! Ça tombait bien, le musée est bien climatisé, notre guide, Laure Lickel est dynamique et ses propos sont bien documentés.

En terme de musée, il s’agit d’un espace immense, pensez, une ancienne halle au blé du XVIème flanquée d’une chapelle castrale du XIVème, le tout magnifiquement agencé avec une charpente exceptionnelle et très bien mise en valeur.

Se vêtir en Pays de Hanau

Situé à la limite du parc naturel régional des Vosges du Nord et en lien avec 9 autres musées du secteur, le musée de Bouxwiller propose un fond permanent relatant l’histoire loco-régionale mais aussi une exposition temporaire annuelle dont le thème cette année est la « vêture » en pays de Hanau. Foin de la médiocre et polluante fast fashion dont l’acheminement encombre le réseau routier puis les armoires et finit par faire déborder les bornes de collecte, on voit à travers les pièces présentées des parcours de vie, la naissance de la coiffe à grand nœud noire, le soin porté aux broderies et à la réalisation de ces pièces textiles.

Mystérieux Bastberg

Au niveau exposition permanente, le Bastberg voisin, haut lieu des sabbats attribués aux sorcières avec des croyances ayant donné lieu dans le secteur à des exactions cruelles touchant les humain.e.s tout comme les animaux est bien évoqué . Et comme Laure Lickel l’a bien spécifié, ce n’était pas aux temps moyen-âgeux mais bien pendant l’éclatante Renaissance qui a précédé les Lumières.

S'Bastberger Haxa Stewel

Comme le cheminement de la journée a été élaboré avec soin et minutie, le repas de midi s’est déroulé à l’auberge du Bastberger Haxa Stewel d’Imbsheim à la déco très alsacienne dédiée aux sorcières! La table est à l’image du cadre : des sorcières sur fond de kelsch, des Nüddelschnaka aux petits oignons et à la crème pour ma part, le tout sur une terrasse abritée; faites le détour, vous ne le regretterez pas.

Le jardin monastique des Recollets

Le jardin monastique : la recette

Sorcellerie, tu me hantes ! Comment vais-je vous présenter la toute première étape de la journée, à Saverne précisément, au cloître des Récollets attenant à l’église Saint Antoine de Padoue très exactement, où nous avons été accueillis par Jean Rémy Schleiffer : 70 ans, et 10 ans d’herboristerie ! Il est inarrêtable lorsqu’il parle du jardin monastique qu’il a initié ici même en respectant les règles venues du fond des âges :

-pour faire un jardin monastique il vous faut prendre un jardin entouré d’une galerie couverte

-vous mettez un cercle au milieu du jardin, vous y plantez un arbrisseau à feuilles ou fleurs rouges symbolisant le sang du Christ, ou alors une fontaine, car, on l’expérimente de façon cuisante cette année, l’eau, c’est la vie

-vous tracez 4 allées représentant les 4 grands fleuves (Gange, Nil, Tigre et Euphrate)  4 c’est aussi les points cardinaux, les évangiles, les éléments

-de part et d’autre des allées, vous délimitez 4 carrés

et vous plantez : des condimentaires, des aromatiques, des plantes médicinales, des fruitiers (attention, le carré verger est aussi le cimetière et n’y mettez pas de pommier, c’est l’arbre du péché originel), des fleurs bien sûr aussi et vous obtenez au bout d’un certain temps un jardin monastique tout à fait présentable

Un passeur de connaissances passionné

Jean Rémy Schleiffer jongle avec les noms vernaculaires, les noms latins, les variantes des 56 plantes du jardin et de bien plus encore ! Le texte est raconté comme une histoire ; c’est passionnant, on écoute assis sur des petits coussins posés sur les bancs de pierre de la galerie! Presque on aurait froid, mais le propos nous réchauffe! Attention quand même à la posologie !
Où vais-je trouver le lien avec la promesse ensorcelante ? Eh bien les sorcières n’étaient-elles pas aussi phytothérapeutes ? Herboristes ? Naturopathes ? Pharmaciennes, Femmes médecin, accoucheuses, faiseuses d’anges aussi elles qui « savaient » les plantes et connaissaient le soin ! C’est bien ce savoir qu’on leur a jalousé ! Et qui en a mené plus d’une au bûcher.

Et comme il est généreux et comme vous êtes nombreux à regretter d’avoir manqué cette conférence, Jean Rémy a promis de venir nous instruire in situ, dans notre belle vallée !

Une journée de vacances comme ça, ça n’a rien de sorcier ! Mais c’est fascinant !

L'auteur

Anne Marie

La Nature est une grande école de Vie ouverte quatre saisons par année

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