Laissons de côté les belles qui parlent beaucoup, je vous présente trois belles volubiles de notre jardin. Elles s’enroulent sans un mot, mais elles me parlent, si…si…Tendez l’oreille.
Nul besoin de lunettes spéciales pour aller au clair de lune effleurer le chèvrefeuille. Son parfum envoûtant vous guidera dans la nuit. Cette liane caprifoliacée a inspiré bien des poètes.
Chèvrefeuille à midi s’endort
Chèvrefeuille à minuit s’éveille
Chèvrefeuille aimé des abeilles
En messidor tu parfumes la nuit.
» Chantefleurs » Robert Desnos (1970)
En alsacien, Geissblatt.
De la même famille que le cauchemar du jardinier, cette grimpante de la famille des convolvulacées déploie ses trompettes au lever du soleil et répond au doux nom de « belle du jour ». Si vous voulez savoir ce qu’elle claironne, inutile d’attendre le soir, les corolles sont refermées.
Au lieu des dahlias, des roses et des lys
Choisis le gai volubilis
Qui grimpe le long du vert treillage
Et fait de ta fenêtre
Un jardin dans le ciel…
d’après un poème de Sully Prudhomme (1869)
Liane de lampions.
Plongez votre regard dans cette corolle où un oeil d’un noir profond vous fixe. Thunbergia alata, cette grimpante est bien plus connue sous le nom de « Suzanne aux yeux noirs« . Je ne peux passer près d’elle sans penser à la Suzanne de Léonard Cohen et je ne résiste pas au plaisir de vous en partager quelques bribes.
« Suzanne t’emmène chez elle près de la rivière
Tu peux passer la nuit auprès d’elle
Elle te nourrit de thé et d’oranges
Qui ont fait tout le chemin depuis la Chine
Et tu veux voyager avec elle
Et tu veux voyager les yeux fermés… »
Léonard Cohen 1967
Belle aux yeux noirs.