The Garden Song, composée par David Mallett en 1975, est devenue une véritable chanson de jardinage universelle, célébrant le lien entre l’homme et la nature. Ce classique intemporel, né d’une inspiration simple au milieu d’un potager dans le Maine, a depuis été repris par des générations d’artistes folk, de Pete Seeger à Peter, Paul and Mary, jusqu’à John Denver, devenant un symbole de patience, de terre et d’écologie.

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L’histoire de la chanson (et du livre) commence dans un potager bien réel. David Mallett (1951-2024) a grandi et vécu presque toute sa vie à Sebec, un petit village du Maine. C’est en aidant son père à planter le jardin familial, alors qu’il n’avait qu’une vingtaine d’années, que les premiers vers lui sont venus, « pouce par pouce, rangée par rangée, » fredonnés tout en travaillant la terre. Ce n’était que la deuxième ou troisième chanson qu’il ait jamais écrite. Mallett racontait volontiers que ce fut un cadeau qui a changé le cours de sa vie. Peu après, le musicien Noel Paul Stookey (du trio Peter, Paul and Mary) l’a remarqué et a produit ses premiers albums. C’est d’ailleurs lui qui a ensuite fait connaître la chanson à Pete Seeger. 

Un message qui résonnera sans doute chez les membres de l’ACJCA : comme dans cette chanson, on retrouve la même conviction : que cultiver la terre, « pouce par pouce, rangée par rangée, » est aussi une façon de prendre soin du vivant qui nous entoure.

À propos des paroles

Le texte suit le rythme même du jardinage : semer, attendre, entretenir, récolter. Le refrain, « construit autour de l’image « pouce par pouce, rangée par rangée, » est devenu emblématique de cette philosophie de patience et de travail de la terre. Pour les paroles complètes en anglais et leur traduction française, consultez cette page sur Paroles-Lyrics.fr.

Le mot « jardin, » entre les deux langues

Il y a quelque chose de joli dans le fait qu’anglophones et francophones utilisent, sans le savoir, presque le même mot pour parler de leur coin de terre. « Garden » et « jardin » descendent tous deux d’un même mot francique, gardo, qui désignait un enclos, une cour clôturée, la même racine qui a donné le mot anglais « yard. » Le mot est passé dans l’ancien français sous la forme « jardin, » puis a traversé la Manche avec les Normands pour devenir « garden » en anglais. Français et anglais parlent donc, littéralement, de la même clôture depuis plus de mille ans.

Le mot « potager, » en revanche, est purement français : il vient de « potage, » la soupe de légumes, et désignait à l’origine le jardin où l’on cultivait justement ce qu’il fallait pour la marmite. Une nuance que l’anglais n’a pas vraiment gardée: un « vegetable garden » ou un « kitchen garden, » certes, mais sans ce lien direct et savoureux à la soupe familiale.

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Une chanson de jardinage aux multiples versions

Dans la tradition folk, une chanson n’appartient jamais tout à fait à son auteur; elle circule, se transmet, se réinterprète. Garden Song en est un exemple presque parfait : en un demi-siècle, elle a été reprise par plus de trois cents artistes, des Muppets à Emmylou Harris. Chaque interprète y a apporté sa propre sensibilité, sans jamais trahir l’esprit original de la chanson.

Quelle version préférez-vous ?

1. La version originale acoustique de David Mallett
Le charme brut et authentique du créateur de la chanson.

By Rabbi Bob – Own work, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=69974521

 

2. La version engagée de Pete Seeger
Pete Seeger (1919-2014) est une figure emblématique du folk américain. Toute sa carrière, il l’a consacrée à défendre les droits civiques, l’environnement et la justice sociale à travers sa musique. C’est Noel Paul Stookey qui lui a fait découvrir Garden Song ; Seeger l’a enregistrée en 1979 sur son album Circles and Seasons, contribuant à en faire un standard folk reconnu.

By John Mathew Smith & www.celebrity-photos.com – PETE SEEGER, CC BY-SA 2.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=99956347

 

3. La version de Peter, Paul and Mary
Le trio (Peter Yarrow, Noel Paul Stookey, Mary Travers), formé en 1961, a été l’un des groupes folk les plus influents des années 1960, portant des chansons engagées à un très large public. Le lien de Noel Paul Stookey avec David Mallett, son mentor et producteur, place le trio au cœur même de l’histoire de la chanson.

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4. La version grand public de John Denver (avec les Muppets)
Sans doute la version la plus célèbre et la plus nostalgique, chantée à la télévision au milieu de légumes animés. John Denver, également connu pour l’hymne Country Roads, a offert à Garden Song une portée mondiale grâce à cette apparition télévisée, en 1979.

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Une leçon de patience, pour qui jardine vraiment

Il y a quelque chose de très juste, pour qui jardine vraiment, dans cette image du « pouce par pouce. » On ne voit jamais un jardin pousser d’un jour à l’autre; on sème, on attend, on désherbe, on recommence. Les membres de l’ACJCA qui ont mis en place leurs premières plates-bandes le savent bien : la patience n’est pas un supplément d’âme, c’est une compétence de base. Et comme le suggère la chanson, cette patience ne s’exerce jamais seule. Elle se partage, entre voisins de jardin, entre générations, entre versions d’une même chanson qui continue de pousser, elle aussi.

En conclusion

Cinquante ans après avoir été écrite dans un jardin en friche du Maine, Garden Song continue de résonner parce qu’elle parle d’une chose intemporelle : la patience qu’exige la terre, et ce qu’elle nous rend en retour. Que l’on préfère la sobriété acoustique de David Mallett, l’engagement de Pete Seeger, la chaleur de Peter, Paul and Mary ou la nostalgie télévisuelle de John Denver, c’est toujours le même message qui traverse ces versions : cultiver, « pouce par pouce, rangée par rangée, » c’est aussi une manière de prendre soin de ce qui nous entoure.

Mon premier bac surélevé

L'auteur

Suzanne

Membre récente de l'ACJCA, en plein réensauvagement de mon jardin à Scherwiller, où la nature mène la danse. Ravie d'échanger et d'apprendre du savoir-faire régional de chacun·e.

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